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Votre plan de migration hors VMware tient-il encore sans le VDDK ?

Théodore BaillyPublié le 8 septembre 20265 min de lecture
Personne dessinant un diagramme de planification à la main

Derrière une erreur 404, un verrou stratégique

Le 25 août 2026, sans communiqué de presse ni note de version, Broadcom a coupé l'accès public au Virtual Disk Development Kit (VDDK). Les URLs de téléchargement de cette bibliothèque renvoient désormais une erreur 404. Contacté par plusieurs équipes impactées, le support Broadcom a confirmé que le VDDK n'est « plus disponible pour utilisation ou téléchargement » sous sa forme précédente.

Ce qui ressemble à un changement discret de portail est en réalité une décision aux conséquences très concrètes pour les équipes IT qui planifient une sortie de VMware.

Ce que le VDDK rend possible

Le VDDK est la brique logicielle qui permet à des outils tiers de lire et de déplacer des disques virtuels VMware depuis l'extérieur de l'hyperviseur. Sans ce SDK, les solutions de migration les plus répandues du marché se retrouvent partiellement ou totalement bloquées.

Les outils directement concernés incluent Azure Migrate (mode sans agent), le Red Hat Migration Toolkit for Virtualization, Nutanix Move, ainsi que virt-v2v et nbdkit, utilisés comme socle pour de nombreuses migrations vers KVM. En d'autres termes, presque toutes les grandes routes d'évacuation hors VMware dépendaient, jusqu'ici, d'un composant appartenant à Broadcom.

Un accès conditionné à une licence active

La suppression de l'accès public ne signifie pas que le VDDK a disparu. Il reste accessible via le portail de support Broadcom — mais uniquement pour les clients disposant d'une licence VMware en cours de validité. La situation est paradoxale : pour obtenir le droit de migrer vos machines virtuelles hors de l'écosystème VMware, vous devez d'abord prouver que vous êtes encore un client actif de cet écosystème.

Microsoft a mis à jour sa documentation Azure Migrate fin août 2026, recommandant désormais la migration par agent comme alternative. Red Hat a publié une note de support précisant qu'elle ne peut pas redistribuer un logiciel propriétaire Broadcom. Platform9 et ShapeBlue ont toutes deux documenté publiquement l'impact pour leurs clients respectifs.

Le contexte d'une acquisition sous tension

Depuis le rachat de VMware pour 61 milliards de dollars en novembre 2023, Broadcom a multiplié les revirements : suppression des licences perpétuelles, passage forcé à des abonnements, hausses tarifaires allant de 300 % à 1 200 % selon les configurations. Selon une étude Foundry et CIO.com portant sur plus de 550 décideurs IT, 56 % des entreprises interrogées prévoient de réduire leur usage VMware et 71 % évaluent activement des alternatives — les évaluations de Proxmox VE auraient progressé d'environ 340 % en rythme annuel sur la période 2024-2025.

La restriction du VDDK s'inscrit dans ce contexte de tension entre Broadcom et sa base installée. Qu'il s'agisse d'une mesure tarifaire déguisée, d'une protection de propriété intellectuelle ou d'un simple changement de politique interne, aucune explication officielle n'a été fournie à ce jour.

Ce que doivent anticiper les équipes IT

Pour les DSIs et responsables infrastructure engagés dans une transition, l'impact est double. D'abord, vérifier si vos outils de migration actuels dépendent du VDDK et si votre licence VMware sera encore active au moment de déclencher l'opération. Ensuite, explorer les alternatives : les migrations par agent restent fonctionnelles, et Proxmox dispose d'un utilitaire d'importation natif qui ne dépend pas de ce SDK.

Des chemins de sortie existent encore. Mais ils sont plus longs, plus complexes, et le calendrier de vos projets de migration mérite d'être réévalué sans attendre.

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