Introduction
Depuis son lancement en 2023, Copilot n'avait jamais vraiment choisi son public. Disponible sur Windows, dans Teams, dans le navigateur, il cumulait les déclinaisons sans offrir de cohérence d'ensemble. Le 25 septembre 2026, Microsoft a tranché : la nouvelle version recentre clairement ses ambitions sur ses 30 millions d'abonnés Microsoft 365 Copilot. L'assistant devient une application unifiée, pensée pour le travail quotidien en entreprise, avec une architecture en trois volets distincts.
Une interface, trois modes d'action
Le premier volet, Home, centralise le chat conversationnel et intègre Cowork, un agent capable de piloter automatiquement des résumés de réunion, des suivis de projets et des relances entre équipes. Le deuxième, Code, ouvre la création d'applications internes à des profils non techniques : tableaux de bord, outils métier, formulaires personnalisés — tout se construit par description textuelle, sur la base technologique de GitHub Copilot. Le troisième volet, Autopilot, va plus loin : il permet de déployer des agents permanents qui opèrent de façon autonome dans Teams et Outlook, en s'acquittant de tâches récurrentes selon des règles définies par l'utilisateur. Une quatrième section, Today, est annoncée pour les prochains mois : elle regroupera emails, calendrier et tâches dans une vue quotidienne consolidée.
Le modèle tarifaire qui change les calculs
La refonte ne porte pas seulement sur l'interface. Le mode de facturation évolue lui aussi, et c'est peut-être là que l'impact sur les directions informatiques sera le plus concret. La base reste l'abonnement Microsoft 365 Copilot, commercialisé à 30 dollars par utilisateur et par mois. Mais Code, Autopilot et l'accès aux modèles les plus puissants viennent s'y ajouter à la consommation, selon un mécanisme à l'usage similaire à celui des grandes plateformes cloud. Pour les DSI habitués à des postes budgétaires fixes sur leurs licences bureautiques, c'est une rupture : il faudra désormais suivre un coût variable qui fluctue avec l'intensité d'utilisation.
Ce pivot tarifaire intervient dans un contexte de concurrence accrue. OpenAI a lancé sa propre offre unifiée orientée entreprise en juillet 2026, et Anthropic développe activement ses produits B2B avec des intégrations élargies à l'écosystème M365. Microsoft ne défend plus seulement ses parts face à Google Workspace ; il protège son parc installé contre des acteurs qui n'ont ni héritage contractuel ni base à migrer, et qui peuvent donc se positionner plus agilement sur les attentes des équipes.
Le potentiel d'extension interne est pourtant considérable. Les 30 millions de sièges Copilot affichés en juillet 2026 — un doublement en un trimestre — ne représentent qu'environ 7 % des 450 millions de sièges commerciaux Microsoft 365. La grande majorité du parc existant n'a pas encore activé les capacités avancées. L'interface unifiée est aussi un levier d'upsell puissant sur une base déjà captive.
Pour les équipes IT, la nouvelle architecture implique de nouvelles responsabilités : gouvernance des agents Autopilot, gestion fine des permissions, traçabilité via les logs d'audit, et suivi FinOps des usages à la consommation. Des dimensions que peu d'organisations avaient jugé nécessaire d'anticiper pour leurs outils de productivité. Microsoft leur laisse peu de temps pour s'y préparer.

